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Mythologie & Poésie


Mythologie et Poésie, dans le domaine des échecs, sont souvent liées !


MYTHOLOGIE

 Sissa

La légende la plus célèbre sur l'origine du jeu d'échecs raconte l'histoire du roi Belkib (Indes, 3000 ans avant notre ère) qui cherchait à tout prix à tromper son ennui. Il promit donc une récompense exceptionnelle à qui lui proposerait une distraction qui le satisferait. Lorsque le sage Sissa lui présenta le jeu d'échecs, le souverain, enthousiaste, demanda à Sissa ce que celui-ci souhaitait en échange de ce cadeau extraordinaire. Humblement, Sissa demanda au prince de déposer un grain de riz sur la première case, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, et ainsi de suite pour remplir l'échiquier en doublant la quantité de grain à chaque case. Le prince accorda immédiatement cette récompense en apparence modeste, mais son conseiller lui expliqua qu'il venait de signer la mort du royaume car les récoltes de l'année ne suffiraient à s'acquitter du prix du jeu.

 En effet, sur la dernière case de l'échiquier, il faudrait déposer 263 graines, soit plus de neuf milliards de milliards de grains (9 223 372 036 854 775 808 grains précisément), et y ajouter le total des grains déposés sur les cases précédentes, ce qui fait un total de 18 446 744 073 709 551 615 grains (la formule de calcul est alors 264-1) ou bien plus de 1000 fois la production mondiale de 2012 !

voir ici un complément sur ce thème


Caïssa

 Caïssa est une dryade mythique de Thrace, représentée comme la déesse du jeu d'échecs.

Le mythe de Caïssa n'existe pas dans l'époque antique, il provient d'un poème nommé Caissa: "or The Game of Chess" écrit en hexamètres latins par William Jones en 1763. Outre le texte en latin, le poème comprend de larges passages en anglais. Lui même tire son poème de
Schaccia ludus, publié en 1527 par Marco Girolamo Vida.

Lire ces poèmes





Dans ce poème, Caïssa repousse d'abord les avances du dieu de la guerre, Mars. Blessé par ce rejet, Mars cherche l'aide du dieu des sports, Euphron, frère de Vénus, qui crée le jeu d'échecs comme cadeau pour que Mars gagne le cœur de Caïssa. Origine du poème de William Jones
Source et compléments Wikipédia





 Palamède

Palamède (Παλαμήδης / Palamêdês) est l'un des princes grecs qui prirent part à la guerre de Troie, descendant des rois Bélos et Danaos.

Eschyle, Sophocle et Euripide ont tous écrit des pièces mentionnant Palamède.

Fils de Nauplios, roi de l'île d'Eubée, et de Clymène, fille de Catrée, Palamède fut en butte à la haine redoutable d'Ulysse qu'il accusa de folie et perfidie. 
Ulysse, pour s'en venger, accusa à son tour Palamède de trahison avec de fausses preuves... Palamède fut condamné à mort par le Conseil, et injustement lapidé.

Palamède est l'inventeur mythique du jeu d'échecs
créé pour divertir l'armée grecque alors que le siège de Troie s'éternisait, mais aussi de l’arithmétique, des jeux de dés et des signaux de feu servant à transmettre un message, et Théophraste dit Palamède inventeur des lettres et des chiffres.

Palamède est aussi le nom d'un chevalier de la Table ronde de la  littérature courtoise du XIIIe siècle. Jouant sur l'homonymie avec le héros grec, la légende du roi Arthur fait de ce chevalier Palamède, fils du sultan de Babylone mais converti au christianisme, l'instructeur de ses compagnons d'armes avec ce jeu qu'il a rapporté d'Orient. Ce Palamède devient l'inventeur "idéal" du jeu d'échecs pour la société médiévale







POESIE

Lucie Delarue-Mardrus

"Certes, si les échecs, tel qu'on les pratique actuellement n'existaient pas, le féminisme les eût inventés"

Poète et romancière (1874-1945), née rue des Capucins à Honfleur, le 3 novembre 1874 a décrit avec sensibilité dans son "Ex-Voto" le milieu et la vie des pêcheurs honfleurais au début du siècle. Elle possédait une résidence secondaire à St Laurent Sur Mer avant la guerre. Décédée en 1945 à Château-Gontier. 

Auteur prolifique, Lucie Delarue-Mardrus a écrit plus de soixante-dix œuvres parmi lesquelles on trouve des romans, des poèmes, des biographies, ses Mémoires et des pièces de théâtre. À ceci, il faut ajouter des chroniques hebdomadaires, des critiques littéraires ou musicales, des conférences aux Annales, des contes, des nouvelles et des récits de voyage parus dans la presse.
Elle se révèle peintre de la vie intime et de la nature dans ses recueils de poèmes (Ferveur, 1902; Horizons, 1904; la Figure de proue, 1908) et ses récits (le Roman de six petites filles, 1909; l'Ex-voto, 1921). Elle a laissé également des pièces (Sapho désespérée, 1906) et des Mémoires (1938).
 

Elle participe au championnat de France d'échecs féminin à Paris en 1927.
 

En savoir plus
Association des Amis de Lucie Delarue-Mardrus

 Championnat féminin 1927.
On reconnait Melle Frigard (Noirs) contre Me Pape (Blancs) à la table la plus à gauche. La romancière Lucie Delarue-Mardrus est debout avec un chapeau noir.


SONNET DES ÉCHECS

Invite aux tours de passe-passe,
L'échiquier quadrillé reluit.
Il n'a qu'une étoile pour lui,
Le Roi, ce monarque fadasse.

Mais d'une plus vaillante race
Sont ses sujets d'or et de nuit.
Les Fous lorgnent leur rang qui fuit,
Les Cavaliers ont leur rosace.

L'équerre des Tours bombardant,
Les Pions fiers de leur trident,
Chacun combat selon sa piste.

Mais seule, allant de bout en bout,
En ce très vieux jeu féministe,
La Dame rayonne partout.

(1926)

BALLADE DES ÉCHECS


Sur L'échiquier, luisant miroir,
Quand brillent, rangés en bataille,
Deux peuples : l'un du plus beau noir,
L'autre, du plus beau jaune paille,
Quand, redressant leur haute taille,
La Reine et le Roi, couple fat,
Se rengorgent comme à Versailles,
Qui va donner l'échec et mat?

Chacun fera tout son devoir
Comme il pourra, vaille que vaille,
Le Roi tremble en son étouffoir,
Fous, chevaux, tours et valetaille,
Tout le monde bientôt s'égaille ;
L'action s'engage : à Dieu vat!
L'un se défend et l'autre l'assaille.
Qui va donner l'échec et mat?

Les Pions vont à l'abattoir,
Le cheval rue et le fou raille,
Tandis que, lente à s'émouvoir,
La Tour, ronde comme futaille,
Attend, pour lancer sa mitraille,
L'occasion d'un exeat.
- Echec au Roi! - Bien. Qu'il s'en aille!
Qui va donner l'échec et mat?

ENVOI

Reine qui jamais ne défaille
Plus puissante que Goliath,
Crains le Pion, humble canaille,
Qui va donner l'échec et mat. (1926)








Joseph MERY

Ecrivain, journaliste satirique et fondateur avec de la Bourdonnais de la première revue d'échecs, Le Palamède, il a écrit deux poèmes sur le jeu d'échecs:

- Le premier, intitulé Une Revanche de Waterloo, relate une partie disputée en 1834 entre le Français, de la Bourdonnais, et l'Irlandais, Mac Donnell (Méry le dit Écossais)
- le deuxième, Une Soirée d'ermites, décrit deux parties simultanées jouées en 1838 en aveugle par de la Bourdonnais contre deux écrivains, Antoine Jay et Etienne de Jouy. 

Un court  extrait :

Ces pièces vont ainsi : l'amitié les a jointes
Aux fous, sages guerriers qui partout font des pointes.
Puis, la dame se place et garde sa couleur,
Nul combattant du jeu ne l'égale en valeur ;
Elle vole d'un bond de l'une à l'autre zone,
C'est Camille au pied leste, invincible amazone
Elle veille, et défend les pièces d'alentour,
Par la force du fou, réunie à la tour ;
Près d'elle le roi siège ; hélas ! il garde un trône
Que mine le complot, que l'astuce environne !
Ce monarque, toujours menacé du trépas,
Pour tromper l'ennemi ne peut faire qu'un pas.


Toutefois, quand sa force est enfin abattue,
Par respect pour son nom personne ne le tue ;
Il est échec et mat ; son dernier jour à lui,
Et tous ses serviteurs sont morts auprès de lui.


Huit modestes pions, soldats de même taille,
Gardent l'état-major sur un front de bataille ;
Un pas leur est permis ; un ou deux, jamais trois ;
Troupe vile, immolée au caprice des rois !



Lire ces très longs poèmes sur ce site



Esther Granek,
 

Le jeu

Seize sont blancs. Seize sont noirs.
Alignement d’un face-à-face.
Selon son rang, chacun se place.
En symétrie, de part en part.
Les plus petits sur le devant.
Seize sont noirs. Seize sont blancs.
Huit fois huit cases. Un jeu démarre.

Joutes, et coups bas, et corps à corps,
et durs combats. Ultime effort
pour asséner à ceux d’en face :
“Échec et mat ! le roi est mort !”

Complimenté est le gagnant.
Mais la revanche est dans le sang.
Déjà tout se remet en place.
Et du combat ne reste trace.
Tout aussitôt le jeu reprend.

Seize sont noirs. Seize sont blancs…
N’ayant soixante-quatre cases
ni trente-deux participants,
mais autres nombres et autres temps,
la vie, pourtant, a mêmes bases.


Esther Granek, Synthèses, 2009

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