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Littérature et Echecs


De nombreux écrivains ont utilisé comme élément principal de leur récit le jeu d'échecs. Voici une courte sélection des ouvrages les plus connus et réputés. Les couvertures présentées correspondent à la dernière édition de poche lorsqu'elle existe.
Pour les ouvrages dont les échecs ne sont qu'un aspect ponctuel ou secondaire, et pour obtenir une liste plus complète d'ouvrages, voir  la liste de liens proposés en fin d'article.

Le Joueur d'échecs de Stefan Zweig

  
Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, « pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons ».

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La Défense Loujine, de Vladimir Nabokov.
 
«De tous mes livres russes, La défense Loujine est celui qui contient et dégage la plus grande "chaleur" - ce qui peut paraître curieux, sachant à quel suprême degré d'abstraction les échecs sont supposés se situer. En fait, Loujine a paru sympathique même aux gens qui ne comprennent rien aux échecs et/ou détestent tous mes autres livres. Il est fruste, sale, laid - mais comme ma jeune fille de bonne famille (charmante demoiselle elle-même) le remarque si vite, il y a quelque chose en lui qui transcende aussi bien la rudesse de sa peau grise que la stérilité de son génie abscons.»Vladimir Nabokov. 
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Le tableau du Maître flamand  de Arturo Perez-Reverte
 

Lors de la restauration d’un célèbre tableau en vue de sa vente, Julia, jeune restauratrice, découvre que le peintre a masqué une inscription : « qui a tué le chevalier ». Que veut dire cette inscription volontairement effacée par le peintre ? Julia va, pour retracer l’histoire de ce tableau, essayer de déchiffrer l’énigme. Mais un sort étrange et fatal semble anéantir ceux qui s’intéressent à cette œuvre.
Ce livre, devenu un Best Seller international, a reçu le grand prix de la littérature policière en 1993.

 

Fiche d'analyse
 




La ville est un échiquier de John Brunner
 

Ciudad de Vados est l'orgueil de la république d'Aguazul. Cette mégalopole futuriste, surgie du néant au beau milieu d'un pays imaginaire d'Amérique Centrale, est l'oeuvre d'un groupe de promoteurs, d'architectes et d'urbanistes venus de tous pays. Grâce à elle, le président Vados espère passer à la postérité. Pourquoi fait-il encore appel à un expert international en matière de trafic urbain ? Boyd Hakluyt est-il vraiment chargé de résoudre un problème de circulation ? Et s'il s'agissait plutôt d'éliminer le bidonville qui, en plein coeur de la cité, rappelle de façon gênante la misère d'Aguazul et trenit les rêves de grandeur du dictateur ? Peu à peu, Boyd découvre qu'il est manipulé comme une simple pièce dans un jeu dont la signification lui échappe. Quel est l'enjeu de cette partie impitoyable où tous les coups sont mortels ?
John Brunner, né en 1934, est l'un des trois ou quatre grands de la S.F. anglaise. Il est fasciné par les sociétés en décomposition (Tous à Zanzibar) comme par la violence et le cauchemar (les Chimères de l'ombre). Tout se retrouve dans La ville est un échiquier, roman d'action à l'emporte-pièce sur les lendemains qui déchantent. George Barlow a consacré à John Brunner un Livre d'Or très convaincant.

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L'Echiquier du mal  de Dan Simmons
 

Mêlant horreur, polar, thriller et espionnage, L'Échiquier du mal parle, selon l'auteur, du "besoin des victimes de... s'opposer à la violence qui leur est faite au nom de la religion, de la raison d'État, de la race, du sexe, de l'autorité ou de la perversité pure et simple". Les personnages positifs du roman sont d'ailleurs un Juif rescapé des camps de concentration et une jeune Noire qui recherche les assassins de son père. Les méchants, milliardaires, producteurs de cinéma, ex-nazis et chefs du FBI, mènent une partie d'échecs planétaire, partie dont les pions humains sont incapables de résister au viol mental qui les pousse aux pires actes de violence. Exercice de style brillant (Simmons intègre habilement à l'histoire tous les clichés du fantastique classique), bénéficiant d'un rythme narratif très soutenu, le roman trouve sa source d'inspiration dans la SF des années cinquante (on songe à Robert Heinlein).



La joueuse d'échecs de Bertina Henrichs


Dans l’île de Naxos, Eleni est femme de chambre dans un hôtel fréquenté par les touristes. La quarantaine négligée, elle mène une vie bien réglée entre son travail, un mari garagiste épousé à dix-huit ans, deux enfants adolescents et une amie d’enfance. Son seul espace de liberté, ce sont les chambres qu’elle fait chaque matin, les objets qu’elle y remarque, à travers lesquels elle imagine d’autres vies… Un jour, par un geste maladroit, elle renverse une pièce sur un échiquier alors qu’une partie est engagée. Dès lors sa vie bascule, car, de façon inattendue, elle se prend de passion pour ce jeu au grand dam des habitants de l’île interloqués.

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5150 rue des ormes de Patrick Sénécal

Il s'appelle Yannick Bérubé, il a vingt-trois ans, il est séquestré au 5150, rue des Ormes, dans la ville de Montcharles, et c'est pourquoi il a décidé d'écrire son histoire.

Or, si son récit débute par une banale chute à bicyclette, la suite bascule rapidement dans l'horreur, car la famille qui le retient prisonnier est loin d'être normale : Jacques Beaulieu, le père, est un psychopathe qui ne jure que par le jeu d'échecs et qui se prend pour le dernier des Justes ; Michelle, l'adolescente, semble encore plus dangereuse que son père ; Maude, l'épouse et la mère, est obsédée par le Seigneur et elle obéit aveuglément à son mari. Quant à la petite Anne, elle est muette et ses grands yeux immobiles ressemblent à des puits de néant...

Pour Yannick Bérubé, l'enjeu est simple : il doit s'évader à tout prix de cette maison de fous, sinon il va y laisser sa peau... ou sa raison !


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Le huit de  Katherine Neville
Provence, 1790. Un « printemps sanglant » s'est abattu sur l'abbaye de Montglane. Les cerisiers en fleur, surpris par le gel, nappent le pays de prophétiques taches rouges. La rumeur gronde que les biens de l'Église seront bientôt confisqués. Talleyrand, le « diable boiteux », convoiterait même les trésors de Montglane. Alertée, la mère supérieure disperse, à l'aide de ses sœurs, les pièces d'un mystérieux jeu d'échecs, cadeau des Maures au roi Charlemagne…

New York, 1972. Approchée par un étrange antiquaire, Catherine Velis, expert-comptable, se lance sur la piste du légendaire échiquier. De Catherine de Russie à Marat, de Robespierre à Napoléon, elle n'est certainement pas la première. Mais les pièces l'ont choisie : elle sera leur reine noire. Aux portes du Sahara, le jeu qui reprend décidera de la vie, de la mort et de l'avenir du monde…




Fous d'échecs de Serge Rezvani

A la veille d'une partie décisive, le petit monde des joueurs d'échecs est frappé de stupeur : le champion en titre, bouleversé - semble©t©il - par de graves événement, prétend renoncer à la compétition.Préoccupés,l'Entraîneur, le parapsychologue, le Biochimiste, le Major chargé de la sécurite du champion viennent se confier, dans un discret salon du Grand Hôtel,à un observateur
neutre, attentif et bienveillant : l'Ecrivain échiquée n. Ils lui retracent la vie et la carrière du joueur prodige jusqu'à révéler quel duel terrible s'est engagé, depuis peu, entre deux femmes qui exercent sur le champion la plus souveraine influence : sa Mère - génitrice toute© puissante, redoutable autant qu'admirable de dévouement - et l'obèse Wanda, personnage ludique, véritable ogresse de l'art pour l'art qui joue et réinvente les échecs sans autre fin que le plaisir... Une Reine Blanche, une Reine Noire un subtil échiquier de lois, de manoeuvres, de détournements, de conjectures. A ce huis clos bruissant de conversations narratives, Rezvani donne l'ampleur d'un drame dans lequel l'art des échecs libère peu à peu son contenu mythique, son atavisme coercitif et sexiste. En contournant la description de l'affrontement échiquéen, le romancier interroge l'absolu du jeu, explore l'idéologie de la conquête, dans une passionnante symbolisation de la masculinité et de la féminité primordiales.

 


La tour prends garde d'Arrabal

Le titre mondial est en jeu : pour la vingt-quatrième et dernière partie du championnat, dans un religieux silence, deux superdoués s'affrontent aux échecs...
Mais tandis que progresse leur duel sans merci, un véritable roman
d'espionnage se déroule ... "
L'enfance des deux champions, les liens avec le terrorisme international, en particulier d'Espagne et France, des aspects crus de société ou de personnes, imagination, vitalité et humour d'Arrabal et aussi "sa connaissance passionnée des échecs (...) celui de son délire unique avec l'universelle folie de notre époque."
Le scénario s'enroule autour d'une partie d'échecs avec un diagramme d'échecs qui  illustre chaque coup des joueurs.










La Position de Philidor de René-Victor Pilhes

Dans le cadre subtilement analysé du milieu d'affaires transporté dans un village de montagne le temps d'une chasse au sanglier, un week-end de 11-Novembre, René-Victor Pilhes signe avec La position de Philidor un crime si parfait que l'on pense, en suivant les pions se mettre en place sur l'échiquier du crime, à cet art

magistral de la préméditation du jeu d'échecs.Pas de hasard. Le crime est diabolique, «vicieux et mirobolant». Le mécanisme est implacable, programmé par un cerveau dont les capacités sont dévoyées par la haine. Anton-Bélisse, Capulac, Assomption, Le Touc... Managers, cadres, diplômés, redoutablement ambitieux, nous entraînent dans leurs complots, leurs spéculations... Et leurs secrets. Autour d'eux rôde un mystérieux héros de la guerre civile espagnole qui bouleverse les règles du jeu.À chaque page, on ressent que l'auteur de La rhubarbe (prix Médicis 1965), de L'imprécateur (prix Femina 1974), de La Pompéi, de La médiatrice, a monté et écrit ce «crime parfait» avec jubilation.




MANGA
Zeitnot, Tome 1 : Ouverture  de Edmond Tourriol


Aux échecs, lorsqu'un joueur arrive à la fin de sa réserve de temps, il est obligé de jouer sous pression. On dit qu'il est en «zeitnot». Cette «crise de temps»
pousse parfois les joueurs les plus aguerris à la faute. Zeitnot est avant tout l'histoire de la rébellion adolescente de Tristana, une jeune fille qui a consacré toute sa vie aux études.
Grâce aux échecs, elle va découvrir que le monde n'est pas forcément tel qu'on lui a toujours enseigné. Pourra-t-elle échapper 6 son conditionnement et choisir son propre chemin ? 


Un conte...

Le conte du roi tout blanc

Il était une fois, un roi tout vieux et très sage qui vivait dans un pays très bizarre. Ce pays n’était pas comme le nôtre car tout y était blanc. Le roi qui donc était tout blanc, habitait dans un immense château tout blanc. Ce château tout blanc était flanqué de deux solides tours toute blanches. Juste à côté de ces deux tours toute blanches, se trouvaient les écuries qui abritaient sur des chevaux tout blancs montés par des cavaliers tout blancs. Et juste à côté des écuries qui abritaient des chevaux tout blancs vivaient de drôles de personnages tout blancs qui avaient un comportement très bizarre : le roi les appelait ses fous. Enfin, au milieu du château tout blanc, se trouvaient les appartements du roi tout blanc et ceux de la reine toute blanche. Des soldats tout blancs étaient installés devant le château tout blanc. Ils étaient là pour protéger le château tout blanc et le roi tout blanc.
La vie, dans ce pays tout blanc, était très agréable et très paisible. Tout le monde vivait depuis toujours dans le bonheur et personne n’avait jamais eu d’ennemis.
Mais un jour, les cavaliers du roi tout blanc revinrent au château très inquiets pour annoncer au roi une bien étrange nouvelle :
« Sire roi dit le premier cavalier avec émotion, nous venons de découvrir à l’autre bout du royaume tout blanc une chose absolument in-cro-ya-ble !
— Comment cela ? s’étonna le roi tout blanc
— Oh ! Sire reprit le deuxième cavalier d’une voix tremblante, la chose est tellement, tellement…, tellement étonnante !
— Mais enfin ! s’emporta le roi qui d’habitude ne criait jamais, allez-vous enfin me dire ce que vous avez vu ?
— Eh bien ! reprirent ensemble les deux cavaliers tout blancs, nous avons vu, à l’autre bout du royaume, un château, oui. Oui. Un château pareil au nôtre, mais… mais…il est tout noir !
— Tout noir ! s’exclama le roi tout blanc, mais c’est impossible, je le saurais tout de même… ! »
Au moment même où le roi tout blanc prononçait ces paroles, les deux fous tout blancs, qui habituellement faisait rire le roi, entrèrent complètement affolés pour lui annoncer qu’un roi tout noir voulait lui parler de toute urgence :
« Sire, gronda le roi tout noir d’une voix terrible, votre royaume tout blanc me plaît et je veux l’habiter ! »
Le roi tout noir ajouta menaçant :
« Dès demain, nous ferons la guerre ! …et nous verrons bien laquelle de nos deux armées sera la plus forte ! »
Sur ces paroles, le roi tout noir repartit fièrement en laissant le roi tout blanc très désappointé.
Le roi tout blanc n’avait jamais combattu, et son armée n’avait jamais fait la guerre. Mais le roi tout blanc savait dans sa grande sagesse que la guerre était une chose terrible, qu’elle provoquait beaucoup de dégâts et surtout, qu’elle tuait beaucoup de gens et n’apportait que larmes et souffrances. Ne sachant que faire, il décida d’aller voir son amie la fée Caïssa pour lui exposer son problème :
« Roi tout blanc, lui dit la fée avec beaucoup de douceur, j’attendais ta visite. Je savais que tu allais venir car moi, la fée, je sais toujours tout avant les autres. Je connais déjà ton problème et voilà ce que je te propose. »
La fée expliqua longuement au roi tout blanc ce qu’il fallait faire. Quand elle fut sûre que le vieux roi tout blanc avait bien compris, elle le laissa repartir.
Et c’est ainsi que le lendemain matin, le roi tout blanc partit jusqu’à l’autre bout du royaume pour visiter le roi tout noir :
« Roi tout noir, dit le roi tout blanc d’une voix ferme et décidée, je déteste la guerre et je refuse de faire combattre mon armée contre la tienne, mais, je ne refuse pas le combat. »
À ces mots, le roi tout noir éclata d’un méchant rire :
« Ah ! Ah ! Ah ! Mais comment pourrais-tu combattre sans ton armée ?
— Ecoute moi bien roi tout noir, voici ce que je te propose : nous allons nous battre dans un jeu. Notre champ de bataille sera un quadrillage qui comportera autant de cases noires que de cases blanches. Nous l’appellerons l’échiquier. D’un côté de l’échiquier, des pièces en bois noir représenteront tes soldats et ton château avec tes tours, tes cavaliers, tes fous, ta femme la reine noire et toi-même. De l’autre côté de l’échiquier, des pièces en bois blanc représenteront mes soldats et mon château avec mes tours, mes cavaliers, mes fous, ma femme, la reine blanche, et moi-même. Puisque j’étais dans le royaume avant toi, je jouerai le premier. Nous ferons plusieurs parties et le gagnant sera le gagnant de la guerre. »
Le roi noir accepta de jouer. Les deux rois inventèrent les règles du jeu qu’ils appelèrent jeu d’échecs.
Et qui a gagné la guerre me direz-vous ?
Eh bien tous les deux en réalité car tantôt c’étaient les noirs qui gagnaient et tantôt c’étaient les blancs. Mais ce qui est sûr, c’est que grâce à la fée Caïssa, les blancs et les noirs ont appris à vivre ensemble et qu’il n’y eut jamais la guerre dans le royaume.

Source : « Conte : Il était une fois...les échecs, d’après A. Perez ». Adaptation.

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